MON RÊVE FAMILIER MY FAMILIAR DREAM
Paul Verlaine trans. Thomas D.Le

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? - Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

Iíve often this strange and impressive dream
Of an unknown girl I love and loves me,
And who each time is neither the same deemed
Nor different who loves and understands me.

For she knows me, and my crystal-clear heart
For her only is not a puzzling part.
For she alone of my pale sweaty brow
To freshen up with tears she does know how.

Is she brunette, blond, or red? I know not
Her name? I recall it sweet, and nice-sounding
Like those of the belovíd that lifeís banished.

Her look is so much like that of statues;
And her voice thatís far off and calm and grave
Sounds like those that are loved and fallen still.

Click here 3 for another translation of this poem.

Trans. Copyright © Thomas D.Le 2004




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