LONDRESLONDON
Émile Verhaerentrans. Will Stone
Et ce Londres de fonte et de bronze, mon âme,
Où des plaques de fer claquent sous des hangars,
Où des voiles s'en vont, sans Notre-Dame
Pour étoile, s'en vont, là-bas, vers les hasards.

Gares de suie et de fumée, où du gaz pleure
Ses spleens d'argent lointain vers des chemins d'éclair,
Où des bêtes d'ennui bâillent à l'heure
Dolente immensément qui tinte à Westminster.

Et ces quais infinis de lanternes fatales,
Parques dont les fuseaux plongent aux profondeurs,
Et ces marins noyés, sous les pétales
Des fleurs de boue où la flamme met des lueurs.

Et ces châles et ces gestes de femmes soûles,
Et ces alcools de lettres d'or jusques aux toits,
Et tout à coup la mort, parmi ces foules ;
O mon âme du soir, ce Londres noir qui traîne en toi!
This London of iron and bronze, my soul,
Where beneath the sheds sheets of metal toll;
Where vessels put to sail, without the star
Of Notre Dame, out there, on the winds of fate.

Stations of soot and smoke, where the gas weeps
Its silvery spleen far off to the pathways of light
Where beasts of boredom yawn at those chimes
From Westminster so tremendously mournful.

And this unrelenting embankment of fatal lamps,
The Parcae whose spindles dive into fathomless depths;
And these drowned mariners beneath the petals
Of mud flowers where the flame’s glimmer is sent.

And these shawls, the motions of crapulous crones;
And this liquor of gold letters as far as the roofs,
And suddenly death appears amidst the multitude;
O my evening soul, this dark London that drags at you!

Click here 1 for another translation of this poem.

Trans. copyright © Will Stone 2004



next
index
translator's next