de "LA JEUNE PARQUE"from "THE ETERNAL VIRGIN"
Paul Valéry trans. James Kirkup
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Ô dangereusement de son regard la proie!
Car l'oeil spirituel sur ses plages de soie
Avait déjà vu luire et pâlir trop de jours
Dont je m'étais prédit les couleurs et le cours.

L'ennui, le clair ennui de mirer leur nuance,
Me donnait sur ma vie une funeste avance:
L'aube me dévoilait tout le jour ennemi.
J'étais à demi morte, et peut-être, à demi
Immortelle, rêvant que le futur lui-même
Ne fût qu'un diamant fermant le diadème
Où s'échange le froid des malheurs qui naîtront
Parmi tant d'autres feux absolus de mon front.

Osera-t-il, le Temps, de mes diverses tombes,
Ressusciter un soir favori des colombes,
Un soir qui traîne au fil d'un lambeau voyageur
De ma docile enfance un reflet de rougeur,
Et trempe à l'émeraude un long rose de honte?
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O victim of his glance's dangerous reaches!
For the spiritual eye on its silken beaches
Has seen already dawn and pale too many days
Whose course I had divined in all their colours.

The lucid weariness of reflecting their nuance
Gave me tragic foresight into my existence.
Dawn revealed to me entirely the hostile day.
I saw my mortal self half-murdered, and, maybe,
Half-immortalised, with the future in my dream
Only a diamond sealing the diadem
Where the chill of calamities to come burns now
Among the other, purest fires of my brow.

Time, will it dare to, dare, from my tombs of being
To resurrect one dove-delighting evening,
Evening trailed in the wake of a drifting cloud,
A blush reflected from obedient childhood
And staining emerald the endless rose of shame?
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Trans. Copyright © James Kirkup 1970


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