ILDA ILDA
Albert Samain trans. Kevin Germain
Pâle comme un matin de septembre en Norvège,
Elle avait la douceur magnétique du nord;
Tout s'apaisait près d'elle en un tacite accord,
Comme le bruit des pas s'étouffe dans la neige.

Son visage, par un étrange sortilège,
Avait pris dès l'enfance et gardait sans efforts
Un peu de la beauté sublime qu'ont les morts;
Et le rire semblait près d'elle sacrilège.

Triste avec passion, sur l'eau de ses grands yeux
Le songe errait comme un rameur silencieux.
Tout ce qui la touchait s'imprégnait d'un mystère.

Et si douce, enroulant ses boucles à ses doigts,
Avec une pudeur farouche de sa voix,
Elle vivait pour la volupté de se taire.
In this pale Norwegian September morn
She has the magnetic touch of true north;
Unspoken consent, as sound borne
On footsteps champed in snow, close and calm.

Some strange sorcerous spell, her visage
Has taken and kept, with no thought,
A little death of sublime beauty of childhood,
Laughter near by seems sacrilege.

Large eyed dream, sad with passion,
Wanders the water, a silent oarsman,
Impregnating all with mystery near by.

Softly, decency wild in her ways,
Rolling curly locks in her fingers,
She lives for the voluptuousness of being silent.

Trans. copyright © Kevin Germain 2001


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