ODE VLOVE PRISONER OF THE MUSES (ODE)
Pierre de Ronsardtr. Christopher Mulrooney
Les Muses lièrent un jour
De chaînes de roses Amour,
Et pour le garder le donnèrent
Aux Grâces et à la Beauté,
Qui, voyant sa déloyauté,
Sur Parnasse l'emprisonnèrent,

Sitôt que Vénus l'entendit,
Son beau ceston elle vendit
À Vulcain pour la délivrance
De son enfant, et tout soudain,
Ayant l'argent dedans la main,
Fit aux Muses la révérence:

"Muses, déesses des chansons,
Quand il faudrait quatre rançons
Pour mon enfant, je les apporte.
Délivrez mon fils prisonnier."
Mais les Muses l'ont fait lier
D'une chaîne encore plus forte.

Courage donques, amoureux,
Vous ne serez plus langoureux,
Amour est au bout de ses ruses;
Plus n'oserait, ce faux garçon,
Vous refuser quelque chanson
Puisqu'il est prisonnier des Muses.
The Muses one day bound up
In chains of roses Love,
And, to hold him, gave him
To the Graces and to Beauty,
Who, seeing his disloyalty,
On Parnassus imprisoned him.

As soon as Venus heard it,
She sold her fair girdle
To Vulcan, for the deliverance
Of her child, and suddenly,
Having in her hands money,
To the Muses made reverence:

"Muses, goddesses of chansons,
If needed were four ransoms
For my child, bide no longer;
Deliver my imprisoned son."
But the Muses bound him up
With a chain still stronger.

Courage then, lovers,
You’ll be no longer languorous:
Love is at the end of his ruses;
No more dares that false garçon
To refuse you some chanson,
Since he is prisoner of the Muses.

Trans. Copyright © Christopher Mulrooney 2003


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