JE VOYOIS, ME COUCHANT, S'ESTEINDRE MA CHANDELLE ...ONE NIGHT I LAY AND WATCHED MY CANDLE DIE ...
Pierre de Ronsardtrans. Reine Errington
Je voyois, me couchant, s'esteindre ma chandelle,
Et je disois au lict, bassement a-par-moy;
Pleust à Dieu que le soin, que la peine et l'esmoy
Qu'Amour m'engrave au coeur, s'esteignissent comme elle!

Un mastin enragé, qui de sa dent cruelle
Mord un homme, il lui laisse une image de soy
Qu'il voit tousjours en l'eau. Ainsi tousjours je voy,
Soit veillant ou dormant, le portrait de ma belle.

Mon sang chaud en est cause. Or comme on voit souvent
L'Esté moins bouillonner que l'Automne suivant,
Mon septembre est plus chaud que mon juin de fortune.
Helas! pour vivre trop, j'ay trop d'impression,
Tu es mort une fois, bien-heureux Ixion,
Et je meurs mille fois pour n'en mourir pas une.
One night I lay and watched my candle die,
And whispered softly to myself in bed:
"O God, that all the grief and agony
Of love, could like this candle, now be dead!"

A furious mastiff, when he bites a man,
Sees ever in the stream his deed's reflection.
Just so, awake or dreaming, still I can
Bring back my love's face to my recollection.

I realise my hot blood is the reason.
My sultry autumn burns me out of season,
Far worse than June. And so I have to live
Intensely, and am all too sensitive,
Ixion suffered much, and then was done.
But I must die a thousand times for one.

Publ. Pipers' Ash Ltd.


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