LE MALEVIL
Arthur Rimbaudtrans. James Kirkup
Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l’infini du ciel bleu;
Qu'écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu;

Tandis qu'une folie épouvantable broie
Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant;
- Pauvres morts dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,
Nature, ô toi qui fis ces hommes saintement! ...

Il est un Dieu qui rit aux nappes damassées
Des autels, à l'encens, aux grands calices d'or,
Qui dans le bercement des hosanna s'endort,

Et se réveille quand des mères, ramassées
Dans l'angoisse et pleurant sous leur vieux bonnet noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir!
While machine-guns keep spitting out gobbets of gore -
Bullets whipping all day long the infinite blue;
While massed battalions, brave in their scarlet or green,
Near the King who rallies them crumble under fire:

While a terrifying madness massacres these
Thousands of men into fuming trash-heaps of flesh -
Desolate dead in summer’s paradise grasses -
O Nature, who made these men with reverent care! -

There is a certain God, who laughs at communion cloths
On altars, incense and great chalices of gold -
Who in the lullabies of inane hosannas snores,

Wakens only when mothers, gathered in anguish,
Worn eyes weeping under their old black bonnet brims
Offer him one last coin knotted in bits of lace.

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Trans. copyright © James Kirkup 2003



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