LARMETEAR
Arthur Rimbaudtrans. Christopher Mulrooney
Loin des oiseaux, des troupeaux, des villageoises,
Je buvais, accroupi dans quelque bruyère
Entourée de tendres bois de noisetiers,
Par un brouillard d'après-midi tiède et vert.

Que pouvais-je boire dans cette jeune Oise,
Ormeaux sans voix, gazon sans fleurs, ciel couvert.
Que tirais-je à la gourde de colocase?
Quelque liqueur d'or, fade et qui fait suer.

Tel, j'eusse été mauvaise enseigne d'auberge.
Puis l'orage changea le ciel, jusqu'au soir.
Ce furent des pays noirs, des lacs, des perches,
Des colonnades sous la nuit bleue, des gares.

L'eau des bois se perdait sur des sables vierges.
Le vent, du ciel, jetait des glaçons aux mares ...
Or! tel qu'un pêcheur d'or ou de coquillages,
Dire que je n'ai pas eu souci de boire!
Far from birds, flocks and village girls,
I drank on my haunches some heather amid,
Ringed by tender hazel woods,
In afternoon fog green and tepid.

What could I drink in that young Oise,
Elms and lawn sans flower sans voice, sky cloudy?
What draw from the gourd of the colocasia?
Some golden flat liquor, that makes you sweaty.

Thus, a poor inn-signboard I'd have made.
Then a storm changed the sky unto nightfall.
Those were dark lands, lakes, staves,
Colonnades under blue night, railroad terminals.

Water disappeared from the woods on sands virgin.
The wind of heaven made every pond a rink...
Now! like a fisher of gold or seashells,
To say I had no care to drink!

Trans. copyright © Christopher Mulrooney 2003



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