LE DORMEUR DU VAL THE SLEEPER
Arthur Rimbaud trans. Stan Solomons

C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil de la montagne fière,
Luit; c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pale dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement: il a froid.

Les parfums ne font plus frissonner sa narine;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au coté droit.

A gap within the green, river in song
Hanging its silver on the grasses long,
Where the proud mountain sun alights.
A little valley, bubbling with light,

There sleeps a soldier, head bare, mouth agape.
With cool blue water-weeds stroking his nape,
Splayed on the grass beneath the lofty sky,
Pale in his green bed in the falling light.

Among the lily flowers he sleeps and smiles,
As smiles a frail child, drowsing the while.
Keep him and warm him, Nature! He is cold!

No longer will the sweetest scents caress
His nostrils; sleeping, sunlit, hand on breast,
At peace. In his right breast two crimson holes.

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Trans. copyright © Stan Solomons 2005



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