LE DORMEUR DU VAL THE SLEEPER IN THE VALLEY
Arthur Rimbaud trans. Michael Haldane
C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil, de la montagne fière,
Luit: c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement: il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine;
Il dart dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
In a verdant hollow, where a singing stream
Madly suspends ribbons of silver on
The grass; where, from proud mountain peaks, the sun
Shines: in a little vale of foaming beams,

A youthful soldier, open-mouthed, head
Bare, nape bathing in the fresh blue watercress,
Sleeps; he is stretched beneath the clouds, in the grass,
Pale in the play of light on his green bed.

His feet among the gladioles, he sleeps,
Smiling the smile of a sick child in a deep
Nap. Mother, rock him warmly: he is cold.

His nostrils do not tingle at the scents;
He is sleeping in the sun, one arm bent,
Quietly. In his right side two red holes.

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Trans. copyright © Michael Haldane 2004



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