MA BOHÈME ON THE ROAD
Arthur Rimbaud trans. Martin Bennett
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot aussi devenait idéal;
J'allais sous le ciel, Muse! et j'étais ton féal;
Oh! là là! que d'amours splendides j'ai rêvées!

Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!
Hands inside punctured pockets, I'd decamp,
Patched jacket to match the summer moon -
Stride scanning iamb, spondee, iamb -
The Muses' lackey, senses in a swoon.

My trousers had reached the point of no repair.
Fugitive Tom Thumb, with rhymes I'd strew
Each wayside. At the Inn of the Great Bear
The original All Stars plied their sweet frou-frou:

I tuned into it, a galactic France Inter.
To cool my brow there was dew's elixir.
Yet still the verses swarmed; nature or art -

Shadows now like Bacchae now like Graces,
As for want of a lyre I plucked the laces
Of my boots, one foot clasped against my heart.

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Trans. copyright © Martin Bennett 2005; publ. Modern Poetry in Translation III.4



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