from "ATHALIE" - V.1 from "ATHALIAH" - V.1
Jean Racinetrans. Brian Cole
Acte V, Scène 1 - ZACHARIE, SALOMITH, LE CHOEUR

SALOMITH

Cher Zacharie, eh bien? Que nous apprenez-vous?

ZACHARIE
Redoublez au Seigneur votre ardente prière.
Peut-être nous touchons notre heure dernière.
Pour l'horrible combat, ma soeur, l'ordre est donné.

SALOMITH
Que fait Joas?

ZACHARIE
Joas vient d'être couronné.
Le grand prêtre a sur lui répandu l'huile sainte.
O ciel! dans tous les yeux quelle joie était peinte
À l'aspect de ce roi racheté du tombeau!
Ma soeur, on voit encor la marque du couteau.
On voit paraître aussi sa fidèle nourrice,
Qui, cachée en un coin de ce vaste édifice,
Gardait ce cher dépôt, et n'avait de ses soins
Que les yeux de ma mère, et que Dieu pour témoins.
Nos lévites pleuraient de joie et de tendresse
Et mêlaient leurs sanglots à leurs cris d'allégresse.
Lui parmi ces transports, affable, et sans orgueil,
À l'un tendait la main, flattait l'autre de l'oeil,
Jurait de se régler par leurs avis sincères,
Et les appelait tous ses pères ou ses frères.

SALOMITH
Ce secret au dehors est-il aussi semé?

ZACHARIE
Ce secret dans le temple est encor renfermé.
Des enfants de Lévi la troupe partagée
Dans un profond silence aux portes s'est rangée.
Tous doivent à la fois précipiter leurs pas,
Et crier pour signal: Vive le roi Joas!
Mais mon père défend que le roi se hasarde,
Et veut qu'Azarias demeure pour sa garde.
Cependant Athalie un poignard à la main
Rit des faibles remparts de nos portes d'airain.
Pour les rompre, elle attend les fatales machines,
Et ne respire enfin que sang et que ruines.
Quelques prêtres, ma soeur, ont d'abord proposé
Qu'en un lieu souterrain par nos pères creusé
On renfermât du moins notre arche précieuse.
O crainte, a dit mon père, indigne, injurieuse!
L'arche, qui fit tomber tant de superbes tours,
Et força le Jourdain de rebrousser son cours,
Des dieux des nations tant de fois triomphante,
Fuirait donc à l'aspect d'une femme insolente?
Ma mère auprès du roi, dans un trouble mortel,
L'oeil tantôt sur ce prince, et tantôt vers l'autel,
Muette, et succombant sous le poids des alarmes,
Aux yeux les plus cruels arracherait des larmes.
Le roi de temps en temps la presse entre ses bras,
La flatte... Chères soeurs, suivez toutes mes pas.
Et s'il faut aujourd'hui que notre roi périsse,
Allons, qu'un même sort avec lui nous unisse.

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Act V, Scene 1 - ZACHARIAH, SALOMITH, THE CHORUS

SALOMITH

Dear Zacharia, say - what can you tell us?

ZACHARIA
Redouble the devotion of your prayers.
We may be near the last hour of our lives.
The order is issued, sister, for the battle.

SALOMITH
What's Joad doing?

ZACHARIA
He has just been crowned.
The arch-priest has anointed him with oil.
O Heaven! from those eyes what joy shone out
when this king appeared, raised from the tomb.
My sister, we could see the mark of the knife.
We also saw his faithful nurse appear.
Hidden in the depths of this vast building
she looked after him and only had
my mother's eyes and God's as witnesses.
Our Levites wept for happy loyal love
- their sobs were mingled with their cries of joy.
And he, in all this rapture, modestly
gave them a friendly hand and genial looks,
and vowed to follow their sincere advice.
He called them all his fathers or his brothers.

ZACHARIA
Is this secret also known outside?

SALOMITH
So far it's still kept safely in the temple.
The band of Levi's children, in two ranks,
were drawn up silently inside the doors.
They all were meant together to rush forward
and shout out as a signal: 'Hail King Joad!'
My father, anxious for the king's well-being,
wants Azarias to stay for his protection.
Meanwhile Athalia, with a knife in hand,
mocks our feeble ramparts of bronze doors.
She's waiting for those dread machines to smash them,
and she is breathing only blood and ruin.
Some priests, my sister, have at first proposed
that we should hide at least our precious ark
deep underground, in a pit our fathers dug.
'This fear's unworthy and dangerous', said my father.
'The ark that felled so many splendid towers
and forced the Jordan to reverse its course,
so often victorious against false gods,
this ark should flee before an insolent woman?'
Next to the king my mother showed her grief.
Her eyes were on this prince, then on the altar.
Silently borne down by the weight of fear
She would have brought the coldest eyes to tears.
The king from time to time embraces her,
caresses her. - Dear sisters, follow me,
and if our king today must lose his life,
then let the same fate come to all of us.

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Trans. Copyright © Brian Cole 2004


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