VENTS 1WINDS 1
Saint-John Persetrans. Hugh Chisholm
C'étaient de très grands vents sur toutes faces de ce monde,
De très grands vents en liesse par le monde, qui n'avaient
d'aire ni de gîte,
Qui n'avaient garde ni mesure, et nous laissaient,
hommes de paille,
En l'an de paille sur leur erre. . . . Ah! oui, de très grands
sur toutes faces de vivants!

Flairant la pourpre, le cilice, flairant l'ivoire et le tesson,
flairant le monde entier des choses,
Et qui couraient à leur office sur nos plus grands versets
d'athlètes, de poètes,
C'étaient de très grands vents en quête sur toutes pistes
de ce monde,
Sur toutes choses périssables, sur toutes choses saisissables,
parmi le monde entier des choses ...

Et d'éventer l'usure et la sécheresse au coeur des hommes
investis,
Voici qu'ils produisaient ce goût de paille et d'aromates,
sur toutes places de nos villes,
Comme au soulèvement des grandes dalles publiques. Et
le coeur nous levait
Aux bouches mortes des Offices. Et le dieu refluait des
grands ouvrages de l'esprit.

Car tout un siècle s'ébruitait dans la sécheresse de sa
paille, parmi d'étranges désinences: à bout de cosses, de siliques,
à bout de choses frémissantes,
Comme un grand arbre sous ses hardes et ses haillons de
l'autre hiver, portant livrée de l'année morte;
Comme un grand arbre tressaillant dans ses crécelles
de bois mort et ses corolles de terre cuite -
Très grand arbre mendiant qui a fripé son patrimoine, face
brûlée d'amour et de violence où le désir encore va chanter.

"Ô toi désir qui vas chanter…" Et ne voilà-t-il pas déjà
toute ma page elle-même bruissante,
Comme ce grand arbre de magie sous sa pouillerie d'hiver:
vain de son lot d'icônes, de fétiches,
Berçant dépouilles et spectres de locustes; léguant,
liant au vent du ciel filiales d'ailes et d'essaims, lais et relais
du plus haut verbe -
Ha! très grand arbre du langage peuplé d'oracles, de
maximes et murmurant murmure d'aveugle-né dans les
quinconces du savoir ...
These were very great winds over all the faces of this world,
great winds rejoicing over the world, having neither eyrie
nor resting-place,
Having neither care nor caution, and leaving us, in their
wake,
Men of straw in the year of straw.... Ah, yes, very great
winds over all the faces of the living!

Scenting out the purple, the haircloth, scenting out the ivory
and the potsherd, scenting out the entire world of things,
And hurrying to their duties upon our greatest verses, verses
of athletes and poets,
These were very great winds questing over all the trails of
this world,
Over all things perishable, over all things graspable,
throughout the entire world of things. . . .

And airing out the attrition and drought in the heart of men
in office,
Behold, they produced this taste of straw and spices, in all
the squares of our cities,
As it is when the great public slabs are lifted up. And our
gorge rose
Before the dead mouths of the Offices. And divinity ebbed
from the great works of the spirit.

For a whole century was rustling in the dry sound of its
straw, amid strange terminations at the tips of husks of pods, at the tips of trembling things,
Like a great tree in its rags and remnants of last winter,
wearing the livery of the dead year,
Like a great tree shuddering in its rattles of dead wood and
its corollas of baked clay -
Very great mendicant tree, its patrimony squandered, its
countenance seared by love and violence whereon desire will sing again.
"O thou, desire, who art about to sing…" And does not my
whole page itself already rustle ,
Like that great magical tree in its winter squalor, proud of its
portion of icons and fetishes,
Cradling the spells and specters of locusts; bequeathing,
relaying to the wind of heaven affiliations of wings and swarmings, tide marks of the loftiest Word -
Ah! very great tree of language, peopled with oracles and
maxims, and murmuring the murmur of one born blind among the quincunxes of knowledge...

Copyright © Princeton University Press 1971,1977, 1982 - publ. New Directions Publishing Corp.


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