LES SAINTS INNOCENTS HOLY INNOCENTS
Jean-Baptiste Para trans. Olivia McCannon
La fille au rire de mouette passa.
Ce ne fut d’abord, au loin, qu’une tache claire
dans la neige des prés communaux.
Vénus du nord, des hommes fuyaient
et leurs mains qui aiment les hanches fortes
se disputaient la carafe d’alcool.
Est-il vrai qu’une voix tombe
à la vitesse de l’anneau
jeté dans la vase?
Chaque chambrée portait un nom de ville.
Aux regards troublés on pouvait lire
une autre saison, la procession des fourmis
vers les crânes verdis de mousse
mais il était trop tôt
pour la pesée des ombres.
Il n’y avait plus d’étoiles dans le ciel du matin
et nous étions cette neige que des jambes grêles foulaient
comme l’esprit vierge d’un nouveau-né.
The girl with the seagull’s laugh went by.
At first, far off, there was just a faint stain
in the snow on the common.
Men were fleeing, come from the north
and their heavy-hip-loving hands
fought over jugs of drink.
Is it true that a voice fades
at the speed of a ring
thrown into a bog?
Each barrack-room had the name of a town.
In troubled faces, you could see
another season, ants marching
towards skulls turned green with moss
but it was too soon
to be weighing shadows.
There were no stars left in the morning sky
and we were the snow trampled by stick legs
like the spotless mind of a new-born child.

Copyright © Jean-Baptiste Para 2006; trans. copyright © Olivia McCannon 2006


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