UNE LÉGÈRE FIÈVRE A TOUCH OF FEVER
Jean-Baptiste Para trans. Olivia McCannon
Perdre ce qui aurait pu être
a laissé une trace,
un mot vacant
du côté du feuillage
où le temps s’égoutte.
L’inerte contient une vitesse
que je n’atteindrai jamais.
C’est notre chambre sur la rue.
Je voudrais regarder ton visage
à l’instant où le monde prend feu.
Mais tout ce qui est
souffre d’être traduit.
Qui pourrait séparer les ombres
pour qu’à nouveau elles connaissent l’attente?
Le poème s’apprend
à plat ventre dans les orties.
Je sais que je dois étouffer ma voix.
Losing what could have been
has left a trace,
a vacant word
over in the leaves
where time drips away.
Inertia contains a speed
that I will never reach.
This is our room looking onto the street.
I want to see your face
just as the world catches fire.
But everything that is
suffers from being transposed.
Who could separate the shadows
so they remember what it is to wait?
The poem is to be learned
face down in the nettles.
I know that I must hold my tongue.

Copyright © Jean-Baptiste Para 2006; trans. copyright © Olivia McCannon 2006


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