MYRTHO (1st.version) MYRTHO
Gérard de Nerval trans. A.S.Kline
Je pense à toi, Myrtho, divine enchanteresse,
Au Pausilippe altier, de mille feux brillant,
à ton front inondé des clartés d'Orient,
Aux raisins noirs mêlés avec l'or de ta tresse.

C'est dans ta coupe aussi que j'avais bu l'ivresse,
Et dans l'éclair furtif de ton oeil souriant,
Quand aux pieds d'Iacchus on me voyait priant,
Car la Muse m'a fait l'un des fils de la Grèce.

Je sais pourquoi là-bas le volcan s'est rouvert...
C'est qu'hier tu l'avais touché d'un pied agile,
Et de cendres soudain l'horizon s'est couvert.

Depuis qu'un duc normand brisa tes dieux d'argile,
Toujours, sous les rameaux du laurier de Virgile,
Le pâle Hortensia s'unit au Myrthe vert!
Myrtho, I think of you divine enchantress,
And of proud Posilipo, lit with a thousand fires,
Of your brow flooded with Eastern light,
And the black grapes twined in your golden hair.

It was in your cup I drank intoxication,
When they saw me praying at Iacchus’ feet,
And from your laughing eyes’ secret lightening,
For the Muses made me one of the sons of Greece.

I know why the volcano erupts once more ...
You stirred it with agile foot, but yesterday,
And suddenly ash drowned the horizon’s circle.

Since a Norman duke broke your gods of clay,
Eternally, beneath Virgil’s laurel spray,
The pale hydrangea is wed to the green myrtle.

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Trans. copyright © A.S.Kline 2006



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