BLANCS SAUF L'AMBRE ...WHITE BUT FOR AMBER ...
Charles Moricetrans. James Kirkup

Blancs sauf l'ambre du bec et l'ébène des yeux,
Les cols dressés ainsi que des mâts sans voilure,
Fendant les flots songeurs d'une inflexible allure,
Deux cygnes dans la nuit, lents et silencieux.

Lait pur, neige vivante, éclair double et joyeux
Vers leur abri d'amour ils rament en mesure,
Nouant et dénouant mollement la ceinture
Que plissent à leurs flancs les nénuphars soyeux.

Ils filent, illustrant seuls la campagne noire,
Et ne sont plus qu'un point qui luit. Les flots songeurs
Se referment sur les candides voyageurs.

Et, sauf un souvenir de lumière et de gloire,
Ils s'en vont sans laisser après avoir passé,
Qu'un sillage aussitôt effacé que tracé.

White but for amber of beak, ebony of eyes,
Their long necks rising up like masts without canvas,
Breasting the dreaming waters with changeless rhythm,
Two swans in the night, swimming slowly, silently.

Pure milky white, living snows, bright, contented pair,
They row, keeping time, towards their abode of love,
Coiling and steadily uncoiling the long sash
That the silken nenuphars weave around their flanks.

They proceed, alone, illuming black landscapes,
But one shining double moon. The dreaming waters
Following close behind these candid voyagers.

And, but for a memory of light and glory,
On they sail, leaving after they have passed only
A wake obliterated as soon as begun.

Click here 2 for another translation of this poem.

Trans. copyright © James Kirkup 2003


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