A M. LA MOTHE LE VAYER TO MONSIEUR DE LA MOTHE LE VAYER
Molière trans. Austin Dobson
(Sur la mort de son fils)

Aux larmes, Le Vayer, laisse tes yeux ouverts:
Ton deuil est raisonnable, encor qu'il soit extrême;
Et, lorsque pour toujours on perd ce que tu perds,
La Sagesse, crois-moi, peut pleurer elle-même.

On se propose à tort cent préceptes divers
Pour vouloir, d'un oeil sec, voir mourir ce qu'on aime;
L'effort en est barbare aux yeux de l'univers
Et c'est brutalité plus que vertu suprême.

On sait bien que les pleurs ne ramèneront pas
Ce cher fils que t'enlève un imprévu trépas;
Mais la perte, par là, n'en est pas moins cruelle.

Ses vertus de chacun le faisaient révérer;
Il avait le coeur grand, l'esprit beau, l'âme belle;
Et ce sont des sujets à toujours le pleurer.
(Upon the death of his son)

Let thy tears, Le Vayer, let them flow;
None of scant cause thy sorrowing can accuse,
Since, losing that which thou for aye dost lose,
E'en the most wise might find a ground for woe.

Vainly we strive with precepts to forego
The drops of pity that are Pity's dues;
And Nature's self, indignant, doth refuse
To count for fortitude that heartless show.

No grief, alas! can now bring back again
The son too dear, by Death untimely ta'en;
Yet, not the less, his loss is hard to bear,

Graced as he was by all the world reveres,
Large heart, keen wit, a lofty soul and rare,
- Surely these claim eternity of tears!



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