L'HÔTELLERIE DE LA MORTDEATH'S HOSTELRY
Charles Meryontrans. Will Stone
Venez, voyez, passants,
À ses pauvres enfants,
En mère charitable,
La ville de Paris
Donne en tout temps gratis
Et le lit et la table...

Regardez sans pâlir
Ces faces impassibles,
Souriantes, terribles,
Enigme d'avenir...

Ici la Mort convie
Tous ceux qui par Destin
Couchent sur le chemin
Amour, Misère, Envie...

Quand sur Paris rugit
L'Émeute impitoyable,
Satan même frémit,
Tant est pleine la table!

Puissiez vous ne point voir,
Là sur le marbre noir,
De quelqu'âme chérie,
La navrante effigie!

Passants, passants, priez,
Pour tous les trépassés
Qu'à la Mort envieuse
Amène sans tarir
La ville du Plaisir
En ce monde fameuse!

Mais qui sait si la Mort,
Sous son masque sévère,
Ne nous cache du Sort
Quelque riant mystère?

Qui sait si la Douleur,
En soulevant son voile,
Du terme du Labeur
Ne nous montre l'étoile?

Allez, pauvres humains!
Creusez, fouillez la terre,
De vos pieds, de vos mains!
Il faut à la Misère,
Chaque jour du pain noir!
Par la faim aiguisées,
Si meme avant le soir,
Vos forces épuisées,
Veuves de tout espoir,
Défaillent sur la voie;
Si vous voyez la Mort
Que Dieu peut-être envoie,
Par un dernier effort,
En essuyant vos larmes,
Vers la voûte des Cieux
Où cessent les alarmes
Levez encore les yeux!
Là vous lirez peut-être,
Que pour vous va venir
Le jour de doux bien-être
Où pour ne point mourir,
Doit éclore la fleur,
À la fraiche corolle
À la sainte auréole
D'Amour, de Bonheur
Dont le germe est au coeur!
Come see, you passers-by,
How to these poor infants,
The city of Paris,
That charitable mother gives
At all times gratis
Shelter and sustenance...

Observe without turning pale
These impassive faces,
The smiling, the terrible,
An enigma of the future...

There Death escorts
All those who via Destiny
Are cast aside by
Love, Want, Envy...

When on Paris is unleashed
The pitiless horde,
Satan himself trembles,
So crammed are those tables!

And may you never witness
There on the black marble slab,
The appalling effigy
Of someone you loved!

Passers-by, passers-by, pray
For the relentless dear departed
Falling into Death's envious clutches
Across this city of pleasure
In a world so famed!


Yet might not Death conceal
Beneath his grave mask,
Some cheerful mystery
Of Destiny's path?

Who knows if Grief,
In lifting her veil,
Might reveal that star
Which awaits the end of Toil?

Onwards poor humans!
Dig and delve the earth,
With your hands, your feet!
Each day for Want
One must break the black bread!
Yet if before nightfall,
Bereft of all hope,
Crippled with hunger,
Your enfeebled strength fades
And falls by the way,
Seeing Death
Who perhaps God has sent,
With a last effort,
Brush away those tears
And lift your gaze to the heavens
Where all troubles cease,
And read there perchance
That for you there comes
The day of well-being,
Where Death gives over
To the opening flower,
To the aureole
And the fresh corolla
Of Joy and Love,
The seed of which
Dwells in the heart.

Trans. Copyright © Will Stone 2002 .. .


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