CLORIS DONT LA PRÉSENCE À MES YEUX
EST SI CHÈRE ...
CLORIS, WHOSE PRESENCE BECAME
SO DEAR ...
Claude Mallevilletrans. James Kirkup (tanka)
Cloris dont la présence à mes yeux est si chère
Et dont l'éloignement est si rude à mon coeur,
Mon sort est si cruel qu'il n'est point de rigueur
Dont la mer contre moi n'ait montré sa colère.

Mes yeux pour quelque temps perdirent la lumière,
La faiblesse me prit, je devins en langueur
Et mon corps tout glacé n'ayant plus de vigueur,
De la barque où j'étais pensa faire sa bière.

Aujourd'hui que je sens le funeste tourment
Que de votre beauté le triste éloignement
Avec tant de raison me devait faire craindre,

Ces maux que j'ai soufferts ne me semblent que doux
Et je n'ai point d'amour, ou je ne me dois plaindre
Que d'avoir eu le coeur de m'éloigner de vous.
Cloris, whose presence
became so dear to me, and
whose departure gave
such a rude shock to my heart,
my fate is so cruel that

no ocean's rigours
could have struck with such fury.
My eyes for a time
lost their light; weakness plagued me:
I became all languor, and

my frozen body
had no vigour left in it,
wishing that my bier
might be the boat I sailed in.
- Now that I feel the sad

pang of your beautys
tragic departure from me,
and that my reason
had made me fear, these torments
that I have suffered seem now

only gentle aches,
for I know love no more, that
once gave me agony
at the very thought that I
must one day be parted from you.

Trans. Copyright © James Kirkup 2002


next
index
translator's next