LA MORT ET LE BÛCHERON DEATH AND THE WOODCUTTER
Jean de la Fontainetrans. Elsie Callander
Un pauvre bûcheron, tout couvert de ramée,
Sous le faix du fagot aussi bien que des ans
Gémissant et courbé marchait à pas pesants,
Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.
Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur,
Il met bas son fagot, il songe à son malheur.
Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde?
En est-il un plus pauvre en la machine ronde?
Point de pain quelquefois, et jamais de repos.
Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,
Le créancier et la corvée,
Lui font d'un malheureux la peinture achevée.
Il appelle la mort; elle vient sans tarder,
Lui demande ce qu'il faut faire.
"C'est," dit-il, "afin de m'aider
À recharger ce bois; tu ne tarderas guère."

Le trépas vient tout guérir;
Mais ne bougeons d'où nous sommes.
Plutôt souffrir que mourir,
C'est la devise des hommes.
With his bundle of wood a poor forester trudged,
Bent under his load of branches and years
Moaning and groaning and dragging his feet,
Yearning his smoky hovel to reach.
Utterly spent with pain and travail,
He sets down his burden and thinks of his fate.
"What have I drawn from this world since my birth?
Is any worse off than me on this earth?"
Sometimes scarce a crust and nary a rest -
Taxes, soldiers whom to lodge he was pressed,
Family, creditors, drudgery make him
The perfect picture of misery.
He summons Death, who promptly comes by.
And asks him what needs to be done.
"Help me this wood to reload", quoth he,
"It won't take you long, my man".

The grim reaper comes, all ills to repair,
But let's not budge from the spot.
Better suffer than die is the motto of man,
Life's here and now - that's what we've got!

Click here 2 for another translation of this poem.

Trans. Copyright © Elsie Callander 2004


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