LE COCHE ET LA MOUCHE THE COACH AND THE FLY
Jean de la Fontaine trans. Stan Solomons
Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé,
Et de tous les côtés au soleil exposé,
Six forts chevaux tiraient un coche.
Femmes, moine, vieillards, tout était descendu.
L'attelage suait, soufflait, était rendu.

Une mouche survient, et des chevaux s'approche,
Prétend les animer par son bourdonnement,
Pique l'un, pique l'autre, et pense à tout moment
Qu'elle fait aller la machine,
S'assied sur le timon, sur le nez du cocher;
Aussitôt que le char chemine,
Et qu'elle voit les gens marcher,
Elle s'en attribue uniquement la gloire,
Va, vient, fait l'empressée; il semble que ce soit
Un sergent de bataille allant en chaque endroit
Faire avancer ses gens, et hâter la victoire.

La mouche en ce commun besoin
Se plaint qu'elle agit seule, et qu'elle a tout le soin.
Qu'aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire.

Le moine disait son bréviaire:
Il prenait bien son temps! Un femme chantait
C'était bien de chansons qu'alors il s'agissait!
Dame mouche s'en va chanter à leurs oreilles,
Et fait cent sottises pareilles.

Après bien du travail le coche arrive au haut.
"Respirons maintenant," dit la mouche aussitôt:
"J'ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine.
Çà, Messieurs les chevaux, payez-moi de ma peine."

Ainsi certaines gens faisant les empressés,
S'introduisent dans les affaires.
Ils font partout les nécessaires,
Et partout importuns devraient être chassés.
Up a steep dusty road of sand
In all directions open to the sun
Six massive horses pulled a coach.
Women, priest, old men - all had vacated,
While the team lugged and strained and sweated.

A housefly happened to approach,
To rouse them in their task.
Nipped here, nipped there, thinking at last
She was the one to get things moving
Landing on noses, horses, on the shafts
No sooner saw the carriage lurching,
And all the people marching,
Claimed for herself the fame the glory,
Doubling her effort, as it were
A sergeant major rushing everywhere
Advancing troops and hastening victory.

All were affected yet the fly complained
She was alone in this affair,
Nobody helped her, she took all the pains.

The priest was rapt in prayer.
A girl was singing. "Well I declare"
Exclaimed the fly, "That's neither here nor there!"
And busily buzzed off humming
In their ears a thousand stupid things.

After a deal of effort they arrived.
"Now we can breathe in comfort", said the fly,
"Because of my hard work we have survived.
" Now my fine horses, what about my pay?"

Thus certain people love to meddle,
Importunate they are - affected,
Pretending to be indispensable.
They ought to be ejected.

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Trans. Copyright Stan Solomons 2006


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