COMPLAINTE D'UN AUTRE DIMANCHE LAMENT FOR ANOTHER SUNDAY
Jules Laforgue trans. Brian Cole
C'était un très-au vent d'octobre paysage,
Qui découpe, aujourd'hui dimanche, la fenêtre,
Avec sa jalousie en travers, hors d'usage,
Où sèche, depuis quand! une paire de guêtres
Tachant de deux mals blancs ce glabre paysage.

Un couchant mal bâti suppurant du livide;
Le coin d'une buanderie aux tuiles sales;
En plein, le Val-de-Grâce, comme un qui préside;
Cinq arbres en proie à de mesquines rafales
Qui marbrent ce ciel crû de bandages livides.

Puis les squelettes de glycines aux ficelles,
En proie à des rafales encor plus mesquines!
Ô lendemains de noce! ô bribes de dentelles!
Montrent-elles assez la corde, ces glycines
Recroquevillant leur agonie aux ficelles!

Ah! qu'est-ce que je fais, ici, dans cette chambre!
Des vers. Et puis, après? ô sordide limace!
Quoi! la vie est unique, et toi, sous ce scaphandre,
Tu te racontes sans fin, et tu te ressasses!
Seras-tu donc toujours un qui garde la chambre?

Ce fut un bien au vent d'octobre paysage ...
It was a most October-windy sight,
the landscape seen this Sunday from the window,
with broken blind awry, no use at all,
in which - since when? - a pair of gaiters hang
to dry, so white on this clean-shaven land.

A ramshackle sunset, suppurating pale;
the corner of a laundry with dirty tiles;
at centre-stage the Val-de-Grâce as chairman;
five trees exposed to spiteful freezing gusts
that mottle the raw sky with livid wraps.

And then wisteria skeletons on strings,
exposed and prey to still more spiteful gusts!
What mornings after weddings! reins of lace!
Could these wisteria ever be more bare,
shrivelling their agony on strings?

Ah! What am I doing in this room?
Writing verses? What next, sordid slug?
What? Life's unique, and you in diving-suit,
repeat your story, always harking back!
Will you spend you whole life in your bed?

It was a very October-windy sight ...

Trans. copyright © Brian Cole 2005


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