APOTHÉOSE APOTHEOSIS
Jules Laforgue trans. A.S.Kline


En tous sens, à jamais, le Silence fourmille
De grappes d'astres d'or mêlant leurs tournoiements.
On dirait des jardins sablés de diamants,
Mais, chacun, morne et très-solitaire, scintille.

Or, là-bas, dans ce coin inconnu, qui pétille
D'un sillon de rubis mélancoliquement,
Tremblotte une étincelle au doux clignotement:
Patriarche éclaireur conduisant sa famille,

Sa famille: un essaim de globes lourds fleuris.
Et sur l'un, c'est la terre, un point jaune, Paris,
Où, pendue, une lampe, un pauvre fou qui veille:

Dans l'ordre universel, frêle, unique merveille.
Il en est le miroir d'un jour et le connaît,
Il y rêve longtemps, puis en fait un sonnet.


In every sense, forever, Silence swarms
With knots of golden stars mixed swirling.
They speak of gardens sanded with diamonds,
But each oneís solitary, sadly, sparkling.

Now, down here, in this unknown angle,
A glimmering furrow of melancholy ruby,
A sweetly twinkling sun-spark trembles:
A patriarchal guide leads his family.

His family: a mass of dense coloured globes.
And on one, thatís Earth, a yellow dot, Paris,
Where hangs, a light, a poor ageing fool:

In the frail universal order, unique miracle.
Heís the mirror of a day, and knows it.
He dreams a while then makes a sonnet.

Trans. Copyright © A.S.Kline 2007


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