ELLE ÉTAIT DÉCHAUSSÉE ... HER FEET WERE BARE ...
Victor Hugo trans. A.S.Kline
Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants;
Moi qui passais par là, je crus voir une fée,
Et je lui dis: Veux-tu t'en venir dans les champs?

Elle me regarda de ce regard suprême
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,
Et je lui dis: Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds?

Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive;
Elle me regarda pour la seconde fois,
Et la belle folâtre alors devint pensive.
Oh! comme les oiseaux chantaient au fond des bois!

Comme l'eau caressait doucement le rivage!
Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,
La belle fille heureuse, effarée et sauvage,
Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.
Her feet were bare shed undone her hair,
Sitting, fair, by the bowing reeds;
I who went by, thought a fairy was there,
And I said: Will you walk in the meads?

She looked at me with a haughty look
That beauty retains when we conquer,
And I said: Will you? Its the month of love,
Will a walk in the woods be your answer?

She dried her feet on the riverside grass;
She looked at me once again,
And the playful beauty then took thought.
Oh the birds that sang deep in the day!

The water caressed the shore so gently!
That joyous sweet girl, fearful and wild,
Among the green rushes she came to me,
Her hair in her eyes, and through it a smile.

Trans. copyright © A.S.Kline 2006


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