Victor Hugo trans. Peter Dale
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées.
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Tomorrow once day breaks, when the land grows white,
I shall set out. You see, I know you await me there.
Iíll go straight through the forest, over the mountain height.
Being away from you I can no longer bear.

I shall walk, gaze fixed upon my thoughts intent,
Hearing no outer sound, seeing no outer sight,
Alone, unrecognised, hands crossed, back bent,
Sad, and the day will be for me another night.

And I shall walk nor see the golden fade of day,
Nor distant sails heading to Harfleur at that hour.
And when I do arrive, upon your grave Iíll lay
A spray of green holly with some broom in flower.

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Trans. copyright © Peter Dale 2006

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