SOIR DE BATAILLE EVENING AFTER BATTLE
José-Maria de Hérédia, trans. Peter Dale
Le choc avait été très rude. Les tribuns
Et les centurions, ralliant les cohortes,
Humaient encor dans l'air où vibraient leurs voix fortes
La chaleur du carnage et ses àcres parfums.

D'un oeil morne, comptant leurs compagnons défunts,
Les soldats regardaient, comme des feuilles mortes,
Au loin, tourbillonner les archers de Phraortes;
Et la sueur coulait de leurs visages bruns.

C'est alors qu'apparut, tout hérissé de flèches,
Rouge du flux vermeil de ses blessures fraîches,
Sous la pourpre flottante et l'airain rutilant,

Au fracas des buccins qui sonnaient leur fanfare,
Superbe, maîtrisant son cheval qui s'effare,
Sur le ciel enflammé, l'Imperator sanglant.
The onslaught had been harsh. Centurions
And tribunes, rallying their cohorts round,
Breathed, in the air where their strong tones resound,
The heat and stench of slain battalions.

With eyes dulled, counting dead companions,
The soldiers watched swirling on far-off ground
The bowmen of Phraates, like dead leaves, bound;
And sweat soaked their brown faces, like scullions'.

Just then, all bristling arrows, had appeared,
Red with the crimson flow of fresh wounds smeared,
With the waving purple and bronze of fiery temper,

To din of trumpets shrilling their fanfare gleam,
Curbing his horse's sudden fright, supreme,
Against a blazing sky, the blood-stained Emperor.

Trans. Copyright © Peter Dale 2002


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