SUR LE PONT-VIEUXON THE PONTE VECCHIO
José-Maria de Hérédia,trans. Peter Dale
Antonio di Sandro orefice


Le vaillant Maître Orfèvre, à l'oeuvre dès matines,
Faisait, de ses pinceaux d'où s'égoutait l'émail,
Sur la paix niellée ou sur l'or du fermail
Épanouir la fleur des devises latines.

Sur le Pont, au son clair des cloches argentines,
La cape coudoyait le froc et le camail;
Et le soleil montant en un ciel de vitrail
Mettait un nimbe au front des belles Florentines.

Et prompts au rêve ardent qui les savait charmer,
Les apprentis, pensifs, oubliaient de fermer
Les mains des fiancés au chaton de la bague;

Tandis que d'un burin trempé comme un stylet,
Le jeune Cellini, sans rien voir, ciselait
Le combat des Titans au pommeau d'une dague.
Antonio di Sandro orefice


The trusty master Goldsmith, with his brush
Dripping enamel, worked since matins the gold
Clasp or niello paten to unfold
The flower of Latin inscriptions in the hush.

Cloak elbowed cape and cowl amid the crush
Along the bridge as silver bells were tolled;
Climbing the stained-glass sky, the sun enscrolled
Florentine women's brows with a halo's flush.

Live to the passionate dream that spellbound them,
Pensive apprentices, shaping ring and gem,
Forgot to join the hands of the engaged,

While, with a burin, tempered stylet keen,
The young Cellini cut, all else unseen,
On the dirk pommel the strife the Titans waged.

Trans. Copyright © Peter Dale 2002


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