PLUS ULTRA PLUS ULTRA
José-Maria de Hérédia, trans. Brian Cole

L'homme a conquis la terre ardente des lions
Et celle des venins et celle des reptiles,
Et troublé l'Océan ou cinglent les muffles
Du sillage doré des anciens galions.

Mais plus loin que la neige et que les tourbilons
Du Ström et que l'horreur des Spitzbergs infertiles,
Le Pôle bat d'un flot tiède et libre des îles
Où nul marin n'a pu hisser ses pavilions.

Partons! Je briserai l'infranchissable glace,
Car dans mon corps hardi je porte une âme lasse
Du facile renom des Conquérants de l'or.

J' irai. Je veux monter au dernier promontoire,
Et qu'une mer, pour tous silencieuse encor,
Caresse mon orgueil d'un murmure de gloire.

Man has conquered the burning land of lions
and the land of poisons and of reptiles
and disturbed the Ocean where sail the snouts
of the gilded tracks of ancient galleons.

But beyond the snow and all the eddies
of the Ström and the horror of barren Spitzbergen
the Pole washes with a warm free-flowing tide
isles where no sailor could ever hoist his colours.

Let us away! I will break the impassable ice,
for in my hardy body my soul is tired
of the easy glory of the Conquerors of gold.

I'll go. I want to scale the last promontory,
and I wish the sea, still silent for us all,
should caress my pride with a murmur of glory.

Trans. copyright © Brian Cole 2008


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