LA MORT DE L'AIGLE THE DEATH OF THE EAGLE
José-Maria de Hérédia, trans. Brian Cole
Quand l'aigle a dépassé les neiges éternelles,
A sa vaste envergure il veut chercher plus d'air
Et le soleil plus proche en un azur plus clair
Pour échauffer l'éclat de ses mornes prunelles.

Il s'enlève. Il aspire un torrent d'étincelles.
Toujours plus haut, enflant son vol tranquille et fier,
Il monte vers l'orage où l'attire l'éclair;
Mais la foudre d'un coup a rompu ses deux ailes.

Avec un cri sinistre, il tournoie, emporté
Par la trombe, et, crispé, buvant d'un trait sublime
La flamme éparse, il plonge au fulgurant abîme.

Heureux qui pour la Gloire ou pour la Liberté,
Dans l'orgueil de la force et l'ivresse du rêve,
Meurt ainsi d'une mort éblouissante et brève!
When the eagle rose above the eternal snow,
with his vast wings he needs to seek more air
and come nearer to the sun in a clearer azure
and so give warmth to his mournful eyes' bright glow.

He rises, and he breathes in sparks that singe.
Ever higher, pursuing his proud calm flight,
He rides the storm and rises to the light;
But lightning has struck and broken both of his wings.

With a sinister cry he wheels and, carried on high
by the whirlwind, nervous, drinking a draught sublime
of the scattered flame, into the flashing abyss he dives.

Happy is he who for freedom or for glory,
in the pride of his strength and the excitement of his dream
can die like this, death dazzling, quick, extreme!

Trans. copyright © Brian Cole 2007


next
index
translator's next