UN COUCHER DE SOLEIL, EN BRETAGNE SUNSET IN BRITTANY
José-Maria de Hérédia, trans. Peter Dale
Un coucher de soleil sur la côte bretonne
Les ajoncs éclatants, parure du granit,
Dorent l'âpre sommet que le couchant allume.
Au loin, brillante encore par sa barre d'écume,
La mer sans fin, commence où la terre finit!

A mes pieds, c'est la nuit, le silence. Le nid
Se tait. L'homme est rentré sous le chaume qui fume;
Seul l'Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
A la vaste rumeur de l'Océan s'unit.

Alors, comme du fond d'un abîme, des traînes,
Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
De pâtres attardés ramenant le bétail.

L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre,
Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
Ferme les branches d'or de son rouge éventail.
The dazzling gorse, the granite's finery,
Gilds the harsh summit that the sunset fires;
Beyond, still glittering with its foam like wires,
Where earth subsides, begins the boundless sea.

Night at my feet, and silence. Nest and tree
Hush; man to his smoking thatch retires;
The evening Angelus through mist transpires,
Joining the Ocean's vast sonority.

Then, as at chasm depth, from ghylls, from trails,
From moor-land, distant voices rise, calls, hails
Of cattle herders, tardy beast and man.

The whole horizon in shadow overrun,
Against a rich dark sky the dying sun
Closes the golden branches of its fan.

Trans. Copyright © Peter Dale 2002 - published in Acumen


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