LES CONQUÉRANTS THE CONQUERORS
José-Maria de Hérédia, trans. Stan Solomons
Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos et Merguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d’un rêve héroique et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde ocidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L’azur phosophorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d’un mirage doré

Ou, penchés à l’avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l’Océan des étoiles nouvelles.
Out from their native nest like falcons fly
Sick of their proud Hispanic poverty,
Captains and heroes, soldiers mercenary,
Drunken with dreams and with brutality.

A golden fable would be theirs to seize,
Ripened in Cipango’s distant mines.
They trim their latteen sail to the trade winds
Towards the New World and its mysteries;

Hoping at dusk for what adventure holds,
The tropic sea dancing with azure light
Enchanting sleep with mirages of gold;

Or at the prow, leaning before the ship,
Beneath an unknown heaven and the sight
Of stranger stars that climb from out the deep.

Trans. Copyright © Stan Solomons 2005


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