ARIANE ARIADNE
José-Maria de Hérédia, trans. Peter Dale
Au choc clair et vibrant des cymbales d'airain,
Nue, allongée au dos d'un grand tigre, la Reine
Regarde, avec l'Orgie immense qu'il entraîne,
Iacchos s'avancer sur le sable marin.

Et le monstre royal, ployant son large rein,
Sous le poids adoré foule la blonde arène,
Et, frôlé par la main d'où pend l'errante rêne,
En rugissant d'amour mord les fleurs de son frein.

Laissant sa chevelure à son flanc qui se cambre
Parmi les noirs raisins rouler ses grappes d'ambre,
L'Épouse n'entend pas le sourd rugissement;

Et sa bouche éperdue, ivre enfin d'ambroisie,
Oubliant ses longs cris vers l'infidèle amant,
Rit au baiser prochain du Dompteur de l'Asie.
To brazen cymbals' bright and vibrant clash,
Stretched naked on a mighty tiger's back,
The Queen sees Bacchus, bringing in his track,
Advancing on the shore, vast Orgy's thrash.

Rippling broad loins, the royal beast with panache,
Under the cherished load, paws blond sand back,
And, stroked by the hand that lets the rein lie slack,
Roaring with love, it gives the bit a gnash.

Letting her hair slide down its arching flank
The amber grapes among the black ones, frank,
The Bride hears none of its low roaring - none;

Her raptured mouth, drunk with ambrosial bliss,
Forgets her drawn-out cries to the faithless one,
Laughs for the Conqueror of Asia's coming kiss.

Trans. Copyright © Peter Dale 2002 - published in Acumen


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