DES HALTES STOPPING ALONG THE WAY
Eugène Guillevic trans. Denise Levertov
à Pierre Daix

Nous entrions parfois dans des cafés secrets
Sur le bord de la route.

Il pouvait y avoir une marche à descendre,
Il y avait toujours une table à choisir
Dans le silence ou le murmure des paroles.

L'ombre y était la plus ancienne des habitués,
Elle avait occupé toutes les places longuement.

Le soleil était là en accord avec elle,
Se posait sur un front, sur ta main, sur un verre
Et s'en allait bientôt comme un dieu qu'on oublie.

Pendant la halte qui semblait s'éterniser,
De l'expérience nous venait

Et nous sortions toujours de ces cafés secrets
Pas tout à fait les mêmes qu'en entrant.


Sometimes we used to enter
secret wayside cafés.

There might be a step down,
and always there was a table to choose
in the silence or the murmur of speech.

A shadow was the most ancient of the regulars;
a long, long time she had sat at every place.

The sun would be there, on good terms with her,
lying upon a forehead, on your hand, on a glass -
and soon he left, like a god one forgets.

During these halts that seemed to become eternal
experience came to us,

and we always left these secret cafés
subtly changed from what we had been before.

Copyright © Éditions Gallimard 1942-63; Trans. Copyright © Denise Levertov Goodman & Eugène Guillevic 1968, 1969 - publ. New Directions Publ. Corp.


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