LA MONTRE THE WATCH
Théophile Gautier trans. Christopher Mulrooney
Deux fois je regarde ma montre,
Et deux fois à mes yeux distraits
L’aiguille au même endroit se montre;
Il est une heure ... une heure après.

La figure de la pendule
En rit dans le salon voisin,
Et le timbre d’argent module
Deux coups vibrant comme un tocsin.

Le cadran solaire me raille
En m’indiquant, de son long doigt,
Le chemin que sur la muraille
A fait son ombre qui s’accroît.

Le clocher avec ironie
Dit le vrai chiffre et le beffroi,
Reprenant la note finie,
A l’air de se moquer de moi.

Tiens! la petite bête est morte.
Je n’ai pas mis hier encor,
Tant ma rêverie était forte,
Au trou de rubis la clef d’or!

Et je ne vois plus, dans sa boîte,
Le fin ressort du balancier
Aller, venir, à gauche, à droite,
Ainsi qu’un papillon d’acier.

C’est bien de moi! Quand je chevauche
L’Hippogriffe, au pays du Bleu,
Mon corps sans âme se débauche,
Et s’en va comme il plaît à Dieu!

L’éternité poursuit son cercle
Autour de ce cadran muet,
Et le temps, l’oreille au couvercle,
Cherche ce coeur qui remuait;

Ce coeur que l’enfant croit en vie,
Et dont chaque pulsation
Dans notre poitrine est suivie
D’une égale vibration,

Il ne bat plus, mais son grand frère
Toujours palpite à mon côté.
- Celui que rien ne peut distraire,
Quand je dormais, l’a remonté!
Twice I check my pocket watch,
And twice to my unthinking eye
The hands in one spot seem to catch;
It’s one... one hour having gone by.

The figure of the standing clock
Laughs at this in the next parlor,
And the little silver bell mock-
Sounds twice ringing like an alarm.

The sundial jeers and scoffs at me
While pointing out with its long digit
The track along the wall its growing
Shadow has just made by inches.

The steeple quite ironically-minded
Tells the true number, and the belfry
Taking up the note just ended
Has an air of mocking me.

Well! the poor little creature is dead,
I put not in yesterday,
Thus far dreamy is my head,
The ruby hole the golden key!

Within its case no more I sight
The fine spring of the balance-wheel
Come and go, to left and right,
Like a butterfly of steel.

That’s just like me! When I bestride
The Hippogriff, in the land of Nod,
My body without soul runs wild,
And goes off where it pleases God!

Eternity keeps at its circle
All around this silent dial,
And time, its ear upon the crystal,
Seeks the heart that stirred inside;

That heart the infant thinks alive,
And whose every lone pulsation
In our breast is followed blithe
With a semblable vibration,

Beats no more, but its big brother
At my side maintains its throb
- That one nothing can put in a pother,
When I was sleeping, has wound up!

Trans. copyright © Christopher Mulrooney 2005



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