LES REGRETS - SONNET LIX SONNET
Joachim du Bellay tr. Andrew Davidson
Tu ne me vois jamais (Pierre) que tu ne die
Que j'estudie trop, que je face l'amour,
Et que d'avoir tousjours ces livres a l'entour,
Rend les yeux esblouïs, et la teste eslourdie.

Mais tu ne l'entens pas: car ceste maladie
Ne me vient du trop lire, ou du trop long sejour,
Ains de voir le bureau, qui se tient chacun jour:
C'est, Pierre mon amy, le livre ou j'estudie.

Ne m'en parle donc plus, autant que tu as cher
De me donner plaisir, et de ne me fascher:
Mais bien en ce pendant que d'une main habile

Tu me laves la barbe, et me tonds les cheveulx,
Pour me desennuyer, conte moy si tu veulx
Des nouvelles due Pape, et du bruit de la ville.
Thou sayest (Pierre) that study should admit
Of ease and rest; that I should sport and play;
That anchorites who shut themselves away
Do mar their eyesight and their mother-wit.

I am not so. This melancholy fit
Springeth from worldly contemplations, yea,
From bookkeeping and business day by day.
My only lore in ledgers lieth writ.

Then counsel me no more, as thou art fain
To bring me merriment and spare me pain:
But, plying still thy scissors and thy soap

Against my hair and beard with gentle skill,
Be merry now and tell me, if thou will,
Tales from the Town and tidings of the Pope.

French from the GF Flammarion edition

Trans. Copyright © Andrew Davidson 2005


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