CE N'EST LE FLEUVE TUSQUE... ITíS NOT THE TUSCAN RIVER ...
Joachim du Bellaytr. A.S.Kline

Ce n'est le fleuve tusque au superbe rivage,
Ce n'est l'air des Latins, ni le mont Palatin,
Qui ores, mon Ronsard, me fait parler latin,
Changeant à l'étranger mon naturel langage.

C'est l'ennui de me voir trois ans et davantage,
Ainsi qu'un Prométhée, cloué sur l'Aventin,
Où l'espoir misérable et mon cruel destin,
Non le joug amoureux, me détient en servage.

Eh quoi, Ronsard, eh quoi, si au bord étranger
Ovide osa sa langue en barbare changer
Afin d'être entendu, qui me pourra reprendre

D'un change plus heureux? nul, puisque le français,
Quoiqu'au grec et romain égalé tu te sois,
Au rivage latin ne se peut faire entendre.

Itís not the Tuscan river with its proud shore
Nor the Latin air, Ronsard, nor the Palatine,
Requires Latin to grace this tongue of mine,
Making my native language strange once more.

Itís the tedium of living, three years and more,
Like some Prometheus, chained to the Aventine,
Where cruel fate brought me to serve and pine,
Not loveís sweet yoke, wretched here and poor.

What then, Ronsard: if, to far exile subject,
Ovid was forced to claim a barbarous dialect,
To gain a hearing, for this happier change who could

Now, blame me? None, since the French I speak,
Though you may be equal to Roman and Greek,
On these Latin shores is scarcely understood.

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Trans. Copyright © A.S.Kline 2009


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