SCÈNE D'ATELIERSTUDIO SCENE
Charles Crostrans. Peter Dale
À Édouard Manet


Sachant qu'elle est futile, et pour surprendre à l'aise
Ses poses, vous parliez des théâtres, des soirs
Joyeux, de vous, marin, stoppant près des comptoirs,
De la mer bleue et lourde attaquant la falaise.

Autour du cou, papier d'un bouquet, cette fraise,
Ce velours entourant les souples nonchaloirs,
Ces boucles sur le front, hiéroglyphes noirs,
Ces yeux dont vos récits calmaient l'ardeur mauvaise,

Ces traits, cet abandon opulent et ces tons
(Vous en étiez, je crois, au club des Mirlitons)
Ont passé sur la toile en quelques coups de brosse.

Et la Parisienne, à regret, du sofa
Se soulevant, dit: "C'est charmant!" puis étouffa
Ce soupir: "Il ne m'a pas faite assez féroce!"
To Edouard Manet


To catch her posing naturally enough,
Judging her frivolous, talk was your knack:
Of joyful evenings, theatres, you, a jack.
The go-downs, blue seas, heaving at the bluff.

There, round her neck, a bouquet-paper ruff,
That velvet background, that loll, so supple, slack;
The forehead's curls like hieroglyphs in black;
Too ardent eyes your yarns had calmed enough.

Those tones, the rich unguardedness, each trait
(In that you're in the Mirlitons, I'd say)
Appeared on canvas with a few deft strokes.

The Paris woman rises with regret
From the divan and says: "It's charming." Yet:
"I'm not made wild enough." The sigh she chokes.

Trans. copyright © Peter Dale 2002


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