PLAINTE PLAINT
Charles Cros trans. Peter Dale
Vrai sauvage égaré dans la ville de pierre,
À la clarté du gaz je végète et je meurs.
Mais vous vous y plaisez, et vos regards charmeurs
M’attirent à la mort, parisienne fière.

Je rêve de passer ma vie en quelque coin
Sous les bois verts ou sur les monts aromatiques,
En Orient, ou bien près du pôle, très loin,
Loin des journaux, de la cohue et des boutiques.

Mais vous aimez la foule et les éclats de voix,
Le bal de l’Opéra, le gaz et la réclame.
Moi, j’oublie, à vous voir, les rochers et les bois,
Je me tue à vouloir me civiliser l’âme.

Je m’ennuie à vous le dire si souvent:
Je mourrai, papillon brûlé, si cela dure ...
Vous feriez bien pourtant, vos cheveux noirs au vent,
En clair peignoir ruché, sur un fond de verdure.
Genuine savage, lost in this stonework town,
I’m aimless in the gaslight and I’ll die;
But you’re well pleased with it; your charming eye,
Proud Paris girl, to death will draw me down.

Of spending life in some far nook I dream,
On aromatic mountains, or under woods
Out in the Orient or some polar extreme,
Far, far from daily papers, throngs, shops, goods.

You like the din of voices, the crowd that flocks,
Dance at the Opera, ads, a gaslight stroll.
And seeing you I forget the woods and rocks,
Killing myself to civilise my soul.

I bore you stiff with my repeated pleas.
If this goes on, I’ll die, a cindered moth;
But you’d be fine, your black hair in the breeze,
Your bright ruched peignoir on a grass backcloth.

Trans. copyright © Peter Dale 2002


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