from "L'ILLUSION COMIQUE" - Act II. Scene 2from "THE ILLUSION" - Act II
Pierre Corneilletrans. & adapt. Ranjit Bolt
CLINDOR:
Quoi! Monsieur, vous rêvez! et cette âme hautaine,
Après tant de beaux faits, semble être encore en peine!
N'êtes-vous point lassé d'abattre des guerriers,
Et vous faut-il encor quelques nouveaux lauriers ?




MATAMORE:
Il est vrai que je rêve, et ne saurois résoudre
Lequel je dois des deux le premier mettre en poudre,
Du grand sophi de Perse, ou bien du grand mogor.


CLINDOR:
Eh! de grâce, Monsieur, laissez-les vivre encor:
Qu'ajouterait leur perte à votre renommée?
D'ailleurs quand auriez-vous rassemblé votre armée?



MATAMORE:
Mon armée? Ah, poltron! ah, traître! pour leur mort
Tu crois donc que ce bras ne soit pas assez fort?
Le seul bruit de mon nom renverse les murailles,
Défait les escadrons, et gagne des batailles.
Mon courage invaincu contre les empereurs
N'arme que la moitié de ses moindres fureurs;
D'un seul commandement que je fais aux trois Parques,
Je dépeuple l'État des plus heureux monarques;
Le foudre est mon canon, les Destins mes soldats.
Je couche d'un revers mille ennemis à bas.
D'un souffle je réduis leurs projets en fumée;
Et tu m'oses parler cependant d'une armée!
Tu n'auras plus l'honneur de voir un second Mars:
Je vais t'assassiner d'un seul de mes regards,
Veillaque. Toutefois je songe à ma maîtresse:
Ce pensée m'adoucit; va, ma colère cesse,
Et ce petit archer qui dompte tous les Dieux
Vient de chasser la mort qui logeoit dans mes yeux.
Regarde, j'ai quitté cette effroyable mine
Qui massacre, détruit, brise, brûle, extermine;
Et, pensant au bel oeil qui tient ma liberté.
Je ne suis plus qu'amour, que grâce, que beauté.



CLINDOR:
O Dieux! en un moment que tout vous est possible!
Je vous vois aussi beau que vous étiez terrible,
Et ne crois point d'objet si ferme en sa rigueur,
Qu'il puisse constamment vous refuser son coeur.

............
............
CLINDOR:
You're deep in contemplation - could it be
That, not content with countless glorious deeds,
Your valour mocks the meat on which it feeds?

MATAMORE:
Pardon?

CLINDOR:
You're spoiling for a scrap.

MATAMORE:
Thats right -
Which of them do you think I ought to fight -
The Sophy, or the Mogul?

CLINDOR:
Let them go!
Be merciful! How could their overthrow
Enhance a fame already so complete?
You'd need an army, too, for such a feat...

MATAMORE:
Nonsense! This arm of mine is strong enough -
I'll take them on alone, and see them off:
The very mention of my name can make
Ramparts collapse and massed batallions quake;
In fact I'd barely need to rouse myself
To strip those princes of their power and wealth -
I'd only have to blow ...

CLINDOR:
To blow?

MATAMORE:
My breath
Is capable of scattering instant death!
The thunder is my cannon, Destiny
My standard-bearer, and you talk to me
Of armies!
(Quite suddenly, he becomes calm.)
Ah! A sudden, amorous thought
Has swooped on me, and made my mind its sport!
Her image causes anger to subside
And drives away all thoughts of homicide!
Her whim disposes of my liberty -
Cupid, who governs all, must govern me!
Witness the transformation in my face,
As bestial rage gives way to manly grace!

CLINDOR:
Extraordinary! It seems that Cupid can
Transform you from a monster to a man -
And what a man! Unless I'm wholly wrong,
No woman could resist your charms for long.
............
............

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Trans. Copyright: © Ranjit Bolt 1999 - publ. Oberon Books


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