SONNET 3 SONNET 3
Jean Cassou trans. Timothy Adès

Je m’égare par les pics neigeux que mon front
recèle dans l’azur noir de son labyrinthe.
Plus d’autre route à moi ne s’ouvre, vagabond
enfoncé sous la voûte de sa propre plainte.

Errer dans ce lacis et délirer! Ô saintes
rêveries de la captivité. Les prisons
sont en moi les prisonnières et dans l’empreinte
de mes profonds miroirs se font et se défont.

Je suis perdu si haut que l’on entend à peine
mon sourd appel comme un chiffon du ciel qui traine.
Mais là-bas, clair pays d’où montent les matins,

dans ta prairie, Alice-Abeille, ma bergère,
si quelque voix, tout bas, murmure "C’est ton père",
va-t’en vers la montagne et prends-moi par la main.

I roam white peaks that my conniving brow
embezzles in its labyrinth’s black sky.
No other road is open to me now,
a tramp thrust deep inside my own sad cry.

Blest prison-dreams! To wander in this maze:
to rave. Jails are the jailbirds I contain.
In my deep mirrors where each image stays,
they come and go, form and dissolve again.

I’m lost so high up that my muffled call,
trailed rag of cloud, is hardly audible.
Below, where dawn breaks on the shining land,

my sheepgirl in your meadow, Alice-Bee,
if a voice says ‘Your father’ quietly,
go to the mountainside and take my hand.

Copyright © Mme, Isabelle Jan; Trans. Copyright © Timothy Adès 2002 - publ. Arc Publications


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