A LA VOIX DE KATHLEEN FERRIER TO THE VOICE OF KATHLEEN FERRIER
Yves Bonnefoy trans. Anthony Rudolf
Toute douceur toute ironie se rassemblaient
Pour un adieu de cristal et de brume,
Les coups profonds du fer faisaient presque silence,
La lumière du glaive s'était voilée.

Je célèbre la voix mêlée de couleur grise
Qui hésite aux lointains du chant qui s'est perdu
Comme si au delà de toute forme pure
Tremblât un autre chant et le seul absolu.

O lumière et néant de la lumière, ô larmes
Souriantes plus haut que l'angoisse ou l'espoir,
O cygne, lieu réel dans l'irréelle eau sombre,
O source, quand ce fut profondément le soir!

Il semble que tu connaisses les deux rives,
L'extrême joie et l'extrême douleur.
Là-bas, parmi ces roseaux gris dans la lumière,
Il semble que tu puises de l'éternel.
All softness and irony assembled
For a farewell of crystal and haze.
The sword's deep thrusts were near silent,
The light of the blade was obscured.

I praise this voice mingled with gray
Wavering in the distance of the song which died away
As if beyond pure forms there trembled
Another song, the only absolute.

O light and light's nothingness, O you tears
Smiling higher than anguish or hope,
O swan, real place in unreal dark waters,
O wellspring in the very deep of evening!

It seems you know well the two shores:
Deep sorrow, high joy.
Over there, in the light among the dark reeds
Itseems that you draw from eternity.

Copyright © c/o Anthony Rudolf for Mercure de France and MPT Books - publ. MPT Books


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