SPLEEN - III SPLEEN - III
Charles Baudelaire trans. Andrew Davidson
Je suis comme le roi d’un pays pluvieux,
Riche, mais impuissant, jeune et pourtant tres vieux,
Qui, de ses précepteurs méprisant les courbettes,
S’ennuie avec ses chiens comme avec d’autres bêtes.
Rien ne peut l’égayer, ni gibier, ni faucon,
Ni son peuple mourant en face du balcon.
Du bouffon favori la grotesque ballade
Ne distrait plus le front de ce cruel malade;
Son lit fleurdelisé se transforme en tombeau,
Et les dames d’atour, pour qui tout prince est beau,
Ne savent plus trouver d’impudique toilette
Pour tirer un souris de ce jeune squelette.
Le savant qui lui fait de l’or n’a jamais pu
De son etre extirper l’élément corrompu,
Et dans ces bains de sang qui des Romains nous viennent
Et dont sur leurs vieux jours les puissants se souviennent,
Il n’a su réchauffer ce cadavre hébété
Où coule au lieu de sang l’eau verte de Léthé.
In me, behold a rain-lashed country's king,
Wealthy but powerless, young but perishing,
Who goes, disdainful of his tutors' fawning,
To sprawl among his baffled mastiffs, yawning.
His hawks, his game, the view from his high palace
Of wretched souls beneath, can bring no solace.
The favourite jester quips unheard amid
The broodings of this cruel invalid.
No sign of life the broidered bed evinces.
Ladies-in-waiting, with an eye for princes,
In vain adjust their bodices afresh
To rouse this wraith with new displays of flesh.
His alchemist has never yet refined
The dross away from a corrupted mind,
While baths of blood (and all the necromancy
That occupies our elder-statesmen's fancy)
Will not avail to purge those veins, for ever
Clogged with the oozings of the Infernal River.

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Trans. Copyright © Andrew Davidson 2005


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