OBSESSIONOBSESSION
Charles Baudelairetrans. Will Stone


Grands bois, vous m'effrayez comme des cathédrales;
Vous hurlez comme l'orgue; et dans nos coeurs maudits,
Chambres d'éternel deuil où vibrent de vieux râles,
Répondent les échos de vos De Profundis.


Je te hais, Océan! tes bonds et tes tumultes,
Mon esprit les retrouve en lui! Ce rire amer
De l'homme vaincu, plein de sanglots et d'insultes,
Je l'entends dans le rire énorme de la mer.


Comme tu me plairais, ô Nuit! sans ces étoiles
Dont la lumière parle un langage connu!
Car je cherche le vide, et le noir, et le nu!


Mais les ténèbres sont elles-mêmes des toiles
Où vivent, jaillissant de mon oeil par milliers,
Des êtres disparus aux regards familiers!
Great forests, like cathedrals you terrify me;
Bellowing like organs; and in our accursed hearts,
Limitless latitudes of mourning where
Ancient death rattles resonate,
Swells the echo of your 'De Profundis'.

Ocean, how I despise you! Your surges and commotion
Mirror my own mind;
I hear in the vast laughter of the sea
The bitter laughter of beaten man,
Laced with sobbing and profanities.

O Night! How you would please me,
Without those stars whose radiance speaks
A language I know only too well!
For I seek the void, darkness, revelation!

But shadows are themselves a canvas on which,
Teeming in their thousands from my eyes,
The vanished souls with familiar glance reside.

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Trans. Copyright © Will Stone 2001 - publ. Exchanges 10 (Univ. of Iowa). .. .


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