LES SEPT ÉPÉES THE SEVEN SWORDS
Guillaume Apollinaire trans. Oliver Bernard
La première est toute d'argent
Et son nom tremblant c'est Pâline
Sa lame un ciel d'hiver neigeant
Son destin sanglant gibeline
Vulcain mourut en la forgeant

La seconde nommée Noubosse
Est un bel arc-en-ciel joyeux
Les dieux s'en servent à leurs noces
Elle a tué trente Bé-Rieux
Et fut douée par Carabosse

La troisième bleu féminin
N'en est pas moins un chibriape
Appelé Lul de Faltenin
Ei que porte sur une nappe
L'Hermès Ernest devenu nain

La quatrième Malourène
Est un fleuve vert et doré
C'est le soir quand les riveraines
Y baignent leurs corps adorés
Et des chants de rameurs s'y traînent

La cinquième Sainte-Fabeau
C'est la plus belle des quenouilles
C'est un cyprès sur un tombeau
Où les quatre vents s'agenouillent
Et chaque nuit c'est un flambeau

La sixième métal de gloire
C'est l'ami aux si douces mains
Dont chaque matin nous sépare
Adieu voilà votre chemin
Les coqs s'épuisaient en fanfares

Et la septième s'exténue
Une femme une rose morte
Merci que le dernier venu
Sur mon amour ferme la porte
Je ne vous ai jamais connue
All silver is the first called by
A bright and trembling name Paline
Its blade a snowfilled winter sky
Its bloody quarrel Ghibelline
Forging it Vulcan learned to die

Second the rainbow-coloured gift
Of a hunchbacked fairy serves
As wedding arch to gods who lift
Over gods Noubosse whose curves
Cut thirty heads off in the Rift

The third is blue as milkveins are
But no less bloodthirsty for that
Lul de Faltenin stained in war
Lies on a cloth across the flat
Palms of a giant dwarfed by a star

The fourth Malourène is a river
Green and gold it is the hour
When river-daughters bathe at evening
Naked as goddesses and our
Prayers are rowers' songs on the water

Fifth Sainte Fabeau no lovelier
Tapers a spindle than this steel
A cypress on a sepulchre
Where four winds meet at dusk and kneel
At night it is a flame of fire

The sixth is forged of bravery
It is the gentle-handed one
We part with every morning see
This is your road farewell the sun
Called up the cock-crows endlessly

And the seventh sword of all
Fainting woman's flesh dead rose
Welcome then the last of all
See that on my love you close
The door we never met at all

Trans. copyright © Oliver Bernard 1965, 1986, 2004 - publ. Anvil Press



next
index
translator's next